Département Essais et Recherche - CEREN
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Paysage mditerranen illustration CEREN Paysage mditerranen Paysage mditerranen Feu de Fontans (34) Feu de Fontans (34)

Pôle environnement

Stress hydrique et inflammabilité des Mimosas et Eucalyptus dans le massif du Tanneron (département du Var).

Au niveau de la problématique des feux de forêt dans la zone étudiée, il existe 2 risques incendies :

  • le risque induit (risque qu’un incendie se déclare au sein des cultures);
  • le risque subi (risque qu’un incendie se propage du massif forestier vers les cultures).

En ce qui concerne les éclosions d’incendie (risque induit) dans les cultures observées et analysées de mimosa et d’eucalyptus, le risque est minimal (les probabilités d’éclosion restent faibles) dans le cas où ces parcelles cultivées sont régulièrement débroussaillées et nettoyées de leur litière et de la strate herbacée.

Stress hydrique et inflammabilité des mimosas

Au niveau du risque subi, les retours d’expérience effectués pendant les différentes saisons feux de forêt nous ont permis d’identifier les principaux vecteurs de propagation du feu de forêt vers les habitations. D’une manière globale, on peut caractériser cette propagation selon trois étapes:

  • une propagation du massif forestier vers les plantations;
  • une propagation de l’incendie des plantations vers l’habitation;
  • une pénétration de l’incendie dans l’habitation.

Afin d’empêcher un incendie d’atteindre les cultures, une bande dépourvue de toute végétation d’une vingtaine de mètres, positionnée entre les cultures et la végétation du massif, permettra de stopper sinon de ralentir le feu. En effet, un incendie survenant du massif forestier avec une puissance importante, étant donnée la végétation présente, sera fortement ralenti en l’absence de combustible.

Le sol doit être dépourvu de toute végétation (élimination de la litière, de la strate herbacée et de tous les rémanents provenant de coupes ou autres) pour éviter les éclosions et la propagation au sol.
Si, pour des problèmes d’érosion dus aux fortes pentes la strate herbacée est maintenue, elle devra être éliminée ou coupée à ras avant la saison à risque. Cependant une directive du parlement européen et du conseil définissant un cadre pour la protection des sols et modifiant la directive 2004/35/CE tend à stipuler l’obligation de présence de la strate herbacée dans les cultures afin d’y assurer une protection supplémentaire du sol. Cela pourrait évidemment constituer un point négatif dans les risques d’éclosion et de propagation.

Pour les jeunes cultures (plants d’un an), l’espace entre les houppiers étant suffisamment important, plus de 3 mètres, une propagation de cimes en cimes semble difficile. En effet, les continuités horizontales et verticales entre les différentes strates ne sont pas observées (si le sol est nettoyé de la strate herbacée). Cependant le danger peut provenir des plants plus âgés (essentiellement les pieds de mimosa) qui dans certains cas peuvent permettre une propagation horizontale (distance entre les houppiers inférieure à 3 mètres). En effet, lors de l’incendie du 17 août 2005 (Pégomas), le feu a traversé les cultures de mimosa. Il est donc indispensable de respecter une distance d’éloignement d’au moins 3 mètres entre les divers pieds de mimosa et d’eucalyptus. Pour éviter les effets de mèches entre les parcelles contigües, une organisation de celles-ci doit être mise en place avec par exemple une intercalation entre les parcelles de jeunes plants et celles de plants plus âgés.

Modalités d’application dans le Var :

  • éloignement des houppiers d’au moins 3 m des constructions;
  • éloignement des houppiers de 3 m les uns des autres;
  • suppression des arbustes en sous étage des arbres maintenus;
  • élagage des arbres maintenus sur les 2/3 de leur hauteur, jusqu’à une hauteur minimale de 2,5 m pour les sujets de plus de 4 m;
  • dimension maximale de 10 m pour les bouquets d’arbres, et de 3 m pour les bouquets d’arbustes;
  • coupe rase de la végétation herbacée et ligneuse basse;
  • ratissage et élimination de la litière et des feuilles mortes dans la zone des 20 m autour des constructions;
  • élimination des arbres morts, et branches mortes, et rémanents de coupe et de débroussaillement;
  • haies non séparatives, assimilées à des bouquets, doivent être à au moins 3 m des constructions et autres ligneux, et de longueur inférieure à 10 m;
  • haies séparatives, d’une hauteur et d’une épaisseur inférieure à 2 m doivent être si possible à plus de 3 m des constructions.

Effets attendus :

  • limiter l’éclosion et la propagation au sol :
    • coupe rase de la végétation herbacée et arbustive, élimination des branches mortes et des rémanents de coupe.
  • limiter les risques de propagation du sol aux broussailles et des broussailles aux cimes :
    • coupe rase de la végétation herbacée et arbustive, élimination des branches mortes et des rémanents de coupe;
    • élagage des arbres maintenus;
    • suppression des arbustes en sous étage des arbres maintenus.
  • limiter les risques de feux de cimes :
    • élagage des arbres maintenus;
    • suppression des arbustes en sous étage des arbres maintenus;
    • éloignement des houppiers de 3 m les uns des autres.

Compensation des effets :

  • lorsqu’une ou plusieurs prescriptions ne peuvent être respectées, on peut obtenir malgré tout l’effet recherché en augmentant le niveau d’intervention sur les autres prescriptions;
  • par exemple, s’il n’est pas possible d’élaguer les 2/3 de la hauteur jusqu’au moins à 2,5 m, il faut éliminer de manière plus radicale les broussailles et herbacées au sol, ainsi que tous les rémanents de coupe.

Afin d’assurer une protection maximale des habitations qui se trouvent à proximité des parcelles cultivées, le protocole énoncé ci-dessous doit être mis en œuvre. Ce protocole s’applique pour la mise en sécurité des constructions existantes et celle des constructions nouvelles en toutes zones du PPRIF.

Le protocole découpe la zone avec obligation de débroussaillement en 3 sous-zones pour lesquelles le traitement de la végétation est gradué :

  • de 0 à 20 m de la construction :
    • suppression complète de la culture;
    • seules sont autorisées les plantations d’ornement;
    • éloignement des houppiers des arbres d’au moins 6 m de la construction;
    • ratissage et élimination de la litière et des feuilles en tout temps;
    • éloignement des houppiers de 6 m les uns des autres.
  • de 20 à 50 m de la construction :
    • Suppression d’un rang sur 2 dans les 2 sens (pieds au minimum à 6 m les uns des autres);
    • Suppression complète de l’herbe au sol (labour ou coupe au ras du sol pour les zones trop pentues) et des rémanents d’exploitation chaque année, au minimum du premier juin au 30 septembre;
    • Privilégier la plantation d’eucalyptus à feuilles.
  • au delà de 50 m (100 m en zone R et B0 et B1 dans le cas général) de la construction :
    • pieds au minimum à 3 m les uns des autres (maintien possible de la densité existante si cette règle est respectée, sinon mise en conformité avec cette règle);
    • suppression complète de l’herbe au sol (labour ou coupe au ras du sol pour les zones trop pentues) et des rémanents d’exploitation, au minimum du premier juin au 30 septembre.

Par ailleurs, l’article 2.2 du titre III est complété par l’alinéa suivant :

Ces dispositions ne visent pas les cultures de mimosa et d’eucalyptus lorsqu’elles sont gérées conformément aux prescriptions de l’alinéa c) de l’article 1.1 du présent titre.

Alinéa c)
Dans les parcelles situées à moins de 100 m d’une construction implantée en zone R, B0 ou B1, ou à moins de 50 m en zone B2 ou B3, les cultures de mimosa et d’eucalyptus sont considérées comme « plantations » au sens de l’article L 322-3 du Code Forestier « Le débroussaillement et le maintien en état débroussaillé » prévu par l’article L 322-3 du Code Forestier est considéré comme acquis lorsque le protocole de gestion de ces cultures décrit ci-après est respecté.
Lorsque le protocole n’est pas respecté, ces cultures sont considérées comme les autres zones forestières pour lesquelles les conditions de débroussaillement sont celles fixées par l’arrêté préfectoral en vigueur.

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Impact des feux de forêt sur les aléas mouvements de terrain

L’objectif de cette étude a consisté à évaluer le rôle des feux de forêts sur l’aléa mouvements de terrain. Celui-ci est à priori différent en fonction du type de mouvement. L’établissement d’une typologie préliminaire, basée sur l’inventaire des mouvements et l’analyse des facteurs déterminant, a permis de distinguer les principaux phénomènes susceptibles de se produire. Il s’agit des glissements, des coulées de boues, des éboulements et chutes de blocs, et enfin de l’érosion superficielle et du ravinement.

Impact des feux de forêt sur les aléas mouvements de terrain

Dans le cadre du projet européen WARM, les études menées ont permis la réalisation d’un modèle de risque d’érosion et une cartographie du risque potentiel d’érosion consécutif aux feux de forêt ainsi qu’une cartographie de l’aléa glissements de terrain permettant d’évaluer les effets potentiels de ces risques dans l’interface périurbaine.

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Planification territoriale des massifs forestiers

Les incendies de forêts continuent à détruire le patrimoine forestier des pays du bassin méditerranéen et constituent l’une des causes principales de la dégradation environnementale de certaines zones. La densité démographique élevée, l’abandon progressif des zones rurales qui se traduit par un recul des zones agricoles et donc par l’avancée des zones forestières, tout cela couplé à une situation météorologique souvent défavorable sont les principaux facteurs de déclenchement des feux de forêts très difficiles à maîtriser.

L’objectif principal de cette étude fut d’établir une définition territoriale des unités d’aménagement et d’élaborer une méthodologie d’aménagement de ces mêmes unités pour parvenir d’une part à la réduction du nombre d’incendies forestiers en isolant les différents facteurs d’éclosion et d’autre part à un fractionnement du territoire de manière à réduire la probabilité qu’un simple feu ne se transforme en un grand incendie forestier.

En effet, divers problèmes structurels (l’exode rural, le changement climatique...) ont fait des grands incendies un des problèmes majeurs des forêts méditerranéennes. Dans ce contexte, la planification territoriale doit s’adapter aux nouvelles circonstances et travailler sur des unités susceptibles d’être affectées par les grands incendies. Ainsi, la proposition de la planification territoriale des massifs forestiers est de réaliser l’élaboration d’un modèle d’aménagement des grands massifs forestiers pour les rendre moins vulnérables au risque de grand incendie forestier. Actuellement, l’aménagement du territoire relève de diverses administrations qui ont des compétences sur le territoire. La planification territoriale des massifs forestiers propose de dépasser cette division et présente le massif forestier comme élément de gestion.

Carte des incendies passés sur le Massif des Albères

Dans les zones méditerranéennes l’aménagement est étudié à partir de la définition des Périmètres de Protection Prioritaire (PPP). Les unités géomorphologiques présentant des caractéristiques forestières communes sont divisées en grandes surfaces de massifs forestiers continus séparés par le réseau de voies de communication (autoroutes, voies ferrées…), les couloirs agricoles ou le réseau hydrographique (rivières, barrages…).

La définition territoriale des unités d’aménagement, la méthodologie pour l’aménagement de ces unités territoriales et l’aménagement des unités pilotes ont été obtenus selon les objectifs suivants :

  • réduire le nombre d’incendies forestiers en mettant en évidence les divers facteurs d’éclosion;
  • définir un réseau de voies stratégiques;
  • établir une couverture des différents points d’eau et du système de surveillance;
  • définir une taille des unités de compartimentage du territoire;
  • proposer un fractionnement pour éviter qu’un feu naissant ne se transforme en grand incendie forestier.

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Protection d’une ressource en eau : le barrage de la Verne (département du Var)

L‘objectif de cette étude est d’empêcher qu’un feu de forêt n’atteigne les bassins hydrologiques du barrage de la Verne. Un volet DFCI a été mené par le CEREN et un volet Hydrologique par Sogréah.

Pôle environnement

Au niveau de l’aléa feux de forêt deux risques incendies ont été mis en évidence :

  • le risque induit (risque qu’un incendie se déclare au sein du bassin versant);
  • et le risque subit (risque qu’un incendie atteigne le bassin versant du barrage de la Verne).

Afin de diminuer le risque induit et dans le cadre d’opérations préventives, trois mesures s’imposent :

  • Tout d’abord, l’élimination de la bruyère arborescente (fortement inflammable) qui assure une continuité verticale;
  • Puis, la destruction, par brûlage dirigé ou autres techniques, de la litière des pinèdes (aiguilles de pins);
  • et enfin, l’entretien des châtaigneraies (inflammabilité importante des feuilles de châtaigniers).

Pour diminuer le risque subit il faut limiter la propagation des incendies et réduire les départs de feu. Pour cela, il est indispensable de mettre en place des coupures de combustible qui vont cloisonner les massifs et permettre la maîtrise des grands feux.

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Entente pour la forêt Méditerranéenne - Département Essais et recherche (CEREN)

Centre Francis Arrighi
Domaine de Valabre
13120 Gardanne
+33(0) 442 608 690 Mail adress

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